13 décembre 2011
William Klein the great
La Maison européenne de la photographie présente une série de photos réalisées par William Klein en Italie, dans les années 50, alors qu’il séjournait à Rome à l’invitation de Fellini. Des photos iconiques, pour utiliser cette expression, un peu essorée d’avoir été tant brassée, d’autres moins connues, mais de la même palette graphique. Prises toutes avec un sens de la composition qui emplit les images d’une vie intense.
Il faut aller voir ces images, et les revoir, avec l’ajout d’émotion qu’impose l’éloignement dans le temps. Reporter de l’ordinaire, avant l’explosion de la photographie de reportage de la fin des années soixante, William Klein nous montre une société qui ne se met pas en scène, qu’il ne met pas en scène. Il est au contact de gens ordinaires photographiés dans l’ordinaire de leur vie. Et c’est cet ordinaire, je le répète martèle tant il me frappe, qui fait que ces photos sont extraordinaires. William Klein a été le premier photographe à être physiquement proche des gens qu’il photographiait. Il l’a été sans empathie, et sans pathos (a contrario de Diane Arbus, dont on peut voir une exposition foutoir au Jeu de Paume). Il a été le premier à rendre visibles les sociétés américaine et italienne, en nous les jetant à la figure, avec la force d’un crochet du gauche.
En paraphrasant le titre du film qu’il a consacré à Muhammad Ali (je donne cette précision à l’intention de mes lecteurs qui ne connaissent pas son oeuvre de cinéaste), je proclame mon admiration pour William Klein the great.
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